TepistolaTipi 300 x 270 cm -235 x 240 - 180 x 230 cm  -2012- 2013 - 2014- éclairage : téléviseurs, vidéo, son : feu de cheminée , boite à musique, ventilateur.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

Installation Coïncidence n°2 - dimensions variables - poutres, pierres, anthracites, lambeaux de papiers peints - 2020 

 
Par l’utilisation du papier peint, arraché dans des maisons abandonnées du nord de la France, je témoigne de la petite et de la grande histoire. Ces maisons sont souillées par les outrages du temps que la faillite des conditions économiques a permis de mettre à nues.
Nous sommes tous de quelque part, venant de lieux façonnés, réceptacles, abris ou frontières, habités ou désertés, qui nous imprègnent de leur harmonie ou de leur faille, nous orientent ou nous perdent. Mémoire inscrite, contraintes installées, ruptures, failles ou faillites.
En m’attachant aux espaces domestiques, lieux façonnés par l’histoire des familles, j’interroge cette faille, réceptacle de codes qui inscrivent les êtres dans leurs lieux et postures.
Dans un premier temps mon intention a été un travail de constat, rendant compte de la « Mémoire des lieux ». J’extirpais alors des résidus de papier peint dans des maisons abandonnées, puis je recréais à partir d'eux une mémoire collective, désuète et refoulée.
Je renforçais et révélais ainsi les traces de vies (salissures, décrépitudes...) pour souligner l'échec de la mémoire et interroger la fragilité des valeurs esthétiques, sociales et historiques.
Dans un deuxième temps, que j'ai intitulé « Fragments d'une légende », les papiers peints, ces témoins historiques et sociaux de l'intimité de l'être, sont devenus les indices d'un passage et les derniers résidus de l'abandon.
J'ai alors « empreinté » sur eux des objets familiers et quotidiens : lavabos, robinets, tuyaux, têtes de lits, etc. La question de l'identité s'est alors posée. Celle qui nous engage, dès la naissance, à définir les preuves de notre cohérence au monde.
Le dernier temps intitulé « Le jeu du corps et Le corps du je » met en abîme la mémoire. J'interroge le corps sociale par le biais du papier peint comme élément, indice référant à l'intimité de l'être. La figure humaine est alors apparue dans mon travail, une figure à présent consciente et assumée.

 

Je suis à la recherche de papiers peints

 

 « Coïncidences » à l'espace d'arts visuels de Niort – le Pilori – 22 janvier au 9 mars 2020

 

Mon travail artistique se présente comme une épopée, un champ d’expérimentation qui prend sa source dans la région de mon enfance. De nombreuses itinérances m'ont permis de découvrir des lieux abandonnés avec comme seul témoignage humain, la présence de papier peint que j'ai prélevé des murs de maisons.

Ces lieux ont été rendus disponibles car leurs résidents s'en sont allés. Ils ont cherché refuge ailleurs, quelque part. Ils ont changé de trajectoire, de but, de lieu de vie.

 

La cartographie de mon travail se nourrit des prélèvements de papiers des différents espaces,maisons que j'ai foulés pour saisir les images de leur imminente disparition.

Avide d’énigmes, scrutant les moindres couches, strates, mon travail a dessiné une trajectoire comme on construit une destinée, emportée par l'émotion.

 

Il y a eu des toiles, des projets représentant le mur et ses écueils.

 Et puis l’installation Tépistola I, II, III, IV où ces itinérances se retrouvent signifiées, où la sédentarisation confronte le nomadisme. La présence du papier peint transféré sur une surface translucide, évoque l'immuabilité. Elle s'interpose comme une peau organique couvrant une structure d'habitat nomade : le tipi. Sa fonction souligne l'itinérance des peuples qui se déplacent pour survivre.

Ce travail amène à réfléchir, en se faisant miroir symbolique, métaphorique d'une transhumance sociétale qui a eu lieu et qui se poursuit pour les mêmes et autres raisons.

 

Martine hoyas